L’ « écotone » de la lagune s’étend des Alpes au golfe adriatique. L’histoire de la lagune est indissociable de la rationalisation progressive des échanges entre les eaux de la lagune, celles du bassin et celles de la mer, afin d’en apaiser les effets destructeurs - ceux des inondations fluviales et de celles de la mer - et de consolider, autour des frontières complexes de la terre et de la mer, la vie quotidienne et la production industrielle et artisanale. L’Arsenal et Porto Marghera incarnent la capacité productive sur laquelle s’est construite l’économie de la lagune et son affirmation sur le marché mondial. Ces deux sites constituent en même temps le carrefour des risques et des espérances d’un développement durable dans la lagune.
Les assèchements ont comporté la récupération de vastes étendues de marécages malsains au contact de la terre ferme et de la lagune. Le territoire le plus vaste qui ait fait l’objet d’une telle récupération se trouve autour de San Donà et est aujourd’hui traversé par un réseau capillaire de drainage des eaux qui finissent par être élevées par-dessus les digues par les « hydrovores », conçus dans les années 1920 et complétés par un système d’écluses et de ponts levants pour permettre la circulation ininterrompue des eaux et la circulation terrestre.
Porto Marghera, qui depuis les années 1920 est les principal port industriel du Nord-Est, et où, aujourd’hui encore, se construisent les plus grands paquebots du monde.
Les problématiques relatives à l’exploitation du patrimoine culturel de la lagune sont par dessus tout liées à la « surexposition » de la zone de San Marco. La « muséalisation » de la ville entre en conflit avec la vie quotidienne des habitants de la ville et même avec la sauvegarde du patrimoine.