Pour la navigation, la C.E.D. a créé des équipements nécessaires aux activités de conseil, de maintenance, de réparation et même de construction navale. Parmi eux, le canal de navigation de Sulina, construit par le service technique de la C.E.D.en plusieurs campagnes entre 1868 et 1902, et long de 101 km, est considéré comme un chef d’œuvre de la technologie, s’ intégrant respectueusement dans le paysage du delta. Chronologiquement creusé après le canal de Suez, beaucoup plus célèbre (1869), et avant celui de Panama (1919), sans équivalent au XIXe siècle, le canal de navigation de Sulina, est l’expression même des grands travaux publics de l’âge industriel. Il a efficacement contribué à la construction de la Roumanie moderne.
En dépit de ses dimensions plutôt modestes, Sulina était l’une des villes roumaines les plus prospères créée par la C.E.D, grâce aux bénéfices tirés de son statut de « port franc ». Ce fut la porte principale du pays pour l’exportation du blé et du grain, essentielle d’abord à l’exportation des gisements de pétrole et beaucoup plus tard au travail de l’acier en Galati.
Ces dernières activités ont toutes deux contribuées à la transformation intensive du trafic fluvial. Sulina conserve le témoignage de l’importance de son développement d’alors, le bâtiment de l’ancien siège de la C.E.D, plusieurs églises, un cimetière pluriethnique, des maisons typiques, des pêcheries traditionnelles, des équipements de dragage complètent l’image actuelle d’une cité portuaire qui fut cosmopolite et florissante. La prospérité économique et le caractère cosmopolite de la ville justifièrent, au XIXe siècle, son surnom d’Europolis.
Le vieux phare turc datant de 1802, modernisé par la C.E.D., et remis en service en1870, est maintenant situé à 2,5 km du rivage ; il témoigne de la transformation constante du trait de côte. Une usine à eau a été construite entre 1897 et 1903, grâce aux legs de la maison royale de Hollande. L’usine fonctionne toujours, seules quelques améliorations techniques ont été apportées depuis, tout en conservant son architecture originale.
Enfin, sur le rivage opposé du canal de Sulina, le chantier naval établi par la C.E.D. en 1860 est toujours en service afin d’avoir son propre site pour réparer les dragues, les bateaux pilotes et de patrouille, aussi bien que les autres bateaux internationaux en transit nécessitant des réparations. Il a été relié plus tard aux aciéries de Giovanni Carnava en 1899. Quatre des ateliers du début du XIXe siècle, y compris de vieilles machines ainsi que les logements d’ouvriers sont conservés dans leur état d’origine et encore en service dans le chantier naval qui utilise maintenant un système de pans inclinés reliés au canal. Il représente désormais l’activité principale de Sulina, se limitant aux réparations de petits bateaux et de chalands, alors que les usines de conserves de poissons ont disparues dans les années 1980 et que la population de la ville a baissé de manière significativement, réduite à 4 500 habitants.
Panneau de 5 documents iconographiques.